Bujumbura, 27/07/2010- A une heure de la proclamation des résultats provisoires des élections communales, des associations de la société civile ont animé une conférence de presse sur le déroulement du scrutin du 23juillet 2010. Ces associations sont entre autres la COSOME(coalition de la Société civile pour le monitoring des élections), l’EURAC , la CEJP( commission Episcopale Justice et Paix), l’OLUCOME(Observatoire de Lutte contre la Corruption et les Malversations Economiques) et l’association « Fontaine Isoko pour la bonne gouvernance et le Développement intégré » et l’Association des Jeunes pour la non-violence Active (AJNA).
Dans l’ensemble, ces associations constatent que le scrutin s’est passé dans la paix et dans la tranquillité sur tout le territoire national. Elles trouvent cependant que les élections législatives se sont déroulées dans un contexte difficile caractérisé par des assassinats ciblés, des arrestations des membres de l’opposition et l’usage controversé d’importants moyens militaires pour poursuivre des présumés criminels.
La COSOME, la CEJP et EURAC apprécient particulièrement les efforts de la CENI dans l’amélioration de l’organisation technique du scrutin par rapport aux précédents scrutins et une participation massive de femmes. A travers Jean Marie Vianey Kavumbagu, Président de la COSOME, les trois associations félicitent le travail des medias et des journalistes pour leurs efforts et le professionnalisme consentis dans la couverture du processus.
En dépit des points positifs qui témoignent du bon déroulement du scrutin, ces associations qui ont suivi l’observation du scrutin législatif mentionnent quelques irrégularités observées avant et pendant le scrutin. Il s’agit notamment de :
L’utilisation des biens publics dont les véhicules de l’Etat à des fins de campagne par les partis CNDD-FDD et l’UPRONA,
Des tentatives d’achats de conscience dans certaines localités,
Des mandataires des partis politiques qui se substituaient aux agents électoraux,
Le port des insignes du parti le jour de vote et sur le lieu de vote,
Les PV signés avant la fin du scrutin,
Des agents électoraux qui ont quitté les bureaux de vote avant la fin du scrutin
Ces associations de la société civile restent inquiètes du boycott des élections législatives et présidentielles par les partis de l’opposition pouvant ainsi réduire les chances d’un débat démocratique à l’Assemblée Nationale. Elles demandent surtout au gouvernement de mettre fin aux intimidations et arrestations arbitraires, de s’engager encore plus dans la voie du dialogue inclusif pour assainir le paysage post électoral et pour renforcer le processus de démocratisation du pays et de tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité des citoyens dans le strict respect des droits et libertés de la personne humaine.