Bujumbura, 1er mars 2010 - Selon Jean Rigi, Secrétaire permanent de l’East African Community (EAC), le bilan des réalisations à l’EAC est positif pour le Burundi, un pays ayant adhéré en dernier lieu à cette organisation sous-régionale de cinq pays. Ces derniers sont le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Rwanda.
En effet, depuis son entrée à l’EAC le 1er Juillet 2007, le Burundi enregistre des progrès importants notamment dans les secteurs du commerce et du transport des biens et des personnes, indique Rigi Jean. Cette évolution au niveau du commerce est perceptible surtout avec l’élimination des barrières techniques au commerce ou barrières tarifaires dans les Etats membres. Ainsi, aujourd’hui, les matières premières et les biens d’équipement des usines et entreprises en provenance des pays membres franchissent les frontières sans payer des taxes. Néanmoins, les commerçants doivent exhiber un document dénommé « certificat de provenance » offert par le Ministère du Commerce attestant qu’ils en sont propriétaires, ajoute Jean Rigi.
Celui-ci se réjouit également des progrès enregistrés dans le domaine des transports des biens et des personnes avec notamment la multiplication des agences de voyage qui desservent le Burundi à destination de différents pays de la communauté. Aussi, la prolifération dans la ville de Bujumbura des boutiques et magasins des produits de la région, la fermeture tardive ceux-ci relèvent des bons réflexes qui sont nés avec l’adhésion du Burundi à l’EAC.
Néanmoins, les commerçants burundais relativisent cette évolution et cet intérêt que le Burundi aurait enregistrés avec son entrée dans l’EAC. Déo Ntakarutimana, un des importateurs burundais reconnaît cette avancée consécutive à l’élimination des barrières douanières. Il est même d’avis que cette situation leur permet de faire arriver leurs produits sans difficulté et en un peu de temps. Toutefois, Déo déplore le fait qu’il existe toujours ici et là dans le pays des barrières des policiers et des balances de contrôle de produits.
Et pour les consommateurs burundais, seul l’Etat tire profit de cette situation. Pierre Nduwayo, porte-parole de l’Association Burundaise des Consommateurs (ABUCO) trouve en effet, que malgré la diminution des taxes sur les produits, l’impact ne se fait pas remarquer du moment que les prix n’ont jamais diminué sur le marché.
Le PARCEM (Paroles et Actions pour le Réveil des Consciences et l’Evolution des Mentalités) reconnaît quant à lui les progrès enregistrés notamment dans l’élaboration dans ces pays d’une politique commune en matière de douane avec la mise en place d’un tarif extérieur commun. Mais aussi Faustin Ndikumana, Président du PARCEM nuance. Il trouve que les prix sur le marché burundais n’ont pas diminué à cause de l’existence des barrières non tarifaires à certains endroits du pays.
Le PARCEM qui suit de près les affaires de l’EAC pour le compte de la société civile burundaise demande au gouvernement burundais de mettre en place une stratégie nationale d’adhésion du pays dans l’EAC. Cette stratégie mettrait en évidence les forces, les faiblesses et les opportunités du pays pour pouvoir entrer en compétition avec les autres pays de la communauté. Pour Faustin Ndikumana, le Burundi doit aussi faire face aux grands défis auquel il est confronté entre autre l’apprentissage de la langue anglaise. Aussi le Burundi doit opérer des réformes à travers les textes et lois régissant le commerce et les échanges pour les adapter au contexte régional de concurrence. Enfin, les Burundais doivent changer leurs habitudes pour être compétitifs, dit-il.
Signalons que le Burundi a adhéré à l’Union douanière de la communauté de Etats de l’Afrique de l’Est depuis le 06 juillet 2009.