Tolérance , Réconciliation, Cohabitation harmonieuse


6 janvier 2010

Burundi - Réfugiés



Six mois dans un site de transit ! Les rapatriés de Gitara n’en reviennent pas.


Depuis plus de six mois, huit familles de rapatriés (soit environ 30 personnes) vivent dans un site de transit de Gitara. Gitara, c’est une colline de la commune Nyanza-Lac de la province Makamba. Ils y ont été admis parce que, pour des raisons diverses, ils n’ont pas pu directement regagner leurs propriétés foncières quand ils sont revenus de leur exil. Pour les uns, ils les ont trouvées occupées par d’autres familles. Pour les autres, des jeunes pour la plupart, ils ont mal déclaré leur situation lors de leur enregistrement pour le rapatriement.

Aujourd’hui, ces rapatriés déplorent d’abord les conditions précaires dans les quelles ils vivent et dénoncent ensuite la lenteur de la commission nationale terre et autres biens (CNTB) dans le traitement de leurs dossiers.

S’agissant des conditions de vie, ils n’ont plus rien comme subsides étant donné que l’assistance alimentaire dont ils ont bénéficié comme paquet retour et qui dure normalement une période de 6 mois a déjà atteint son terme. Aussi le site n’est pas alimenté en eau potable. Celui qui de ses locataires n’est pas à mesure de s’en acheter à 200 francs bu un bidon de 20l est obligé de boire, se laver et cuisiner avec l’eau sale du lac Tanganyika ou des ruisseaux de Nyagitonga et Gifuruzi.

Pour ce qui est de leur réintégration, les rapatriés du site de Gitara trouvent que plus de six mois dans un site de transit c’est trop et imputent leur mauvaise situation au CNTB car, pensent-ils, c’est cette commission qui doit la dénouer. Soit elle doit trancher et réhabiliter les familles rapatriées dans leur droit sur la propriété qu’elles ont laissée, soit elle décide et propose que telle ou telle autre famille intègre un village de paix.

Face à cette situation, les rapatriés du site de Gitara se demandent pourquoi un si long temps dans un site de transit et soupçonnent un clientélisme ou un favoritisme dans les travaux de la CNTB. Autrement disent-ils, il est difficile de comprendre comment eux seuls traînent à être transféré alors que, il y en a d’autres qui sont venus plus tard après eux et qui en deux ou trois semaines ont pu récupérer et réintégrer leur terre ou, à défaut, ont été admis dans un village de paix. Ils réclament alors la même célérité dans le traitement de leurs dossiers. Mais dans l’entre temps, ils demandent le prolongement de la période de leur carte de rationnement mais aussi et surtout d’être approvisionné en eau potable.

 


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